Une installation de l'artiste Matthew Mazzotta devant le bureau des élections du comté de Palm Beach, le 3 novembre 2026, à West Palm Beach, en Floride ( AFP / Giorgio VIERA )
D'Anchorage à Atlanta, d'Austin à Doral, des électeurs américains se sont confiés à l'AFP mardi, jour d'un scrutin de mi-mandat crucial, où les démocrates pourraient infliger un revers à Donald Trump et aux républicains.
En Alaska, "c'est de la fraude"
Les montagnes aux sommets enneigés dominent Anchorage, la plus grande ville d'Alaska. Il fait 0°C le matin, et une soixantaine de personnes agitent des pancartes pour le candidat républicain au Sénat, Dan Sullivan, en sa présence.
Le candidat républicain au Sénat en Alaska Dan Sullivan au bord d'une route près d'Anchorage, le jour des élections américaines de mi-mandat, le 3 novembre 2026 ( AFP / CHARLY TRIBALLEAU )
Ce nom est au coeur d'un imbroglio : la campagne de la candidate démocrate au Sénat, Mary Peltola, est accusée d'avoir poussé un homonyme à se présenter pour créer la confusion et siphonner des voix au sénateur sortant.
"Je n'arrive pas à y croire. Pour moi, c’est de la fraude", s'indigne James Weise, un retraité de 72 ans qui vient de voter pour Dan Sullivan, version républicaine.
Au bureau de vote, les agents électoraux expliquent que nombre de personnes sont venues voter par anticipation, signe d'une participation plus forte que d'habitude.
Un référendum ?
C'est "évidemment un référendum sur le second mandat de Trump", tranche Wes Pyron, 37 ans, à Washington.
Une personne montre son autocollant "J'ai voté" à Los Angeles, le 3 novembre 2026, jour des élections de mi-mandat aux Etats-Unis ( AFP / Frederic J. BROWN )
Mais face aux sondages favorables aux démocrates, il se souvient de la défaite d'Hillary Clinton face à Donald Trump : "Je suis toujours meurtri par 2016, donc je ne prête plus du tout attention aux sondages."
À Atlanta, en Géorgie, Mike a voté pour "placer le gouvernement Trump sous contrôle". Ce manager afro-américain dans l'informatique de 34 ans espère une "grande vague bleue", la couleur du Parti démocrate.
À la mi-journée dans un bureau de vote de cette grande ville, pas de longue file d’attente, mais des électeurs qui se succèdent sans temps mort et ressortent souvent avec un autocollant "I voted".
"Je ne votais pas systématiquement démocrate (...), je choisissais le meilleur homme ou la meilleure femme", explique Gabrielle Schlueter, une retraitée afro-américaine de 69 ans toute vêtue de noir, le visage barré d'un masque chirurgical. Mais "je ne peux pas apporter la moindre once de soutien aux républicains en ce moment".
"Trop socialistes et musulmans"
Plusieurs membres de l'aile gauche du Parti démocrate, parfois revendiqués socialistes, sont candidats à travers le pays.
C'est le cas d'Abdul Al-Sayed, candidat dans le Michigan, qui deviendra en cas de victoire le premier sénateur musulman des États-Unis. À Detroit, Mackenzie Currie, 28 ans, se dit "ravie de voter pour lui".
Dans le Texas, un État conservateur du sud, c'est une figure modérée du parti, James Talarico, qui est candidat au Sénat. Il pourrait battre le républicain Ken Paxton, selon les sondages.
"Cela me rend très triste", souligne Mary Wolf à Dallas.
Une femme dépose son bulletin de vote par correspondance dans une boîte conçue à cet effet, le 3 novembre 2026 à Santa Monica, en Californie ( AFP / ETIENNE LAURENT )
Son mari, qui ne souhaite pas donner son prénom, estime que "le socialisme, ça ne marche pas" : "Ce qui se passe en France le prouve, avec la mainmise de la gauche là-bas et ce qui s'y passe actuellement avec ces destructions."
Pour Maru Restrepo, un électeur d'origine colombienne de 70 ans interrogé à Miami, les démocrates "sont devenus trop socialistes, communistes et musulmans". Des qualificatifs déjà employés par Donald Trump.
Le "citoyen lambda" veut que ça change
"Tout le monde, au moins dans ma génération, est un peu frustré face à la crise du pouvoir d'achat et les prix de l'essence, et ce qui se passe à l'étranger", explique Tom, 27 ans, à Atlanta.
Dans la même ville, Donta Comer, 38 ans, assure que "ça doit changer pour les citoyens lambdas, et je suis un citoyen lambda".
Outre la cherté de la vie, Brian Rowe, qui travaille à l'American University à Washington, mentionne "la guerre désastreuse contre l'Iran", qui a eu pour effet une hausse des prix des carburants et qui "doit s'arrêter".
Une femme marche dans un bureau de vote de New York, le 3 novembre 2026 ( AFP / Leonardo Munoz )
ICE dans le viseur
Les politiques migratoires "doivent exister", concède Andres Gutierrez, employé du secteur du crédit immobilier d'origine vénézuélienne, à Doral (Floride). Mais la politique actuelle "n'est pas la bonne approche", assure ce quadragénaire.
À New York, Quishaun Hill, 44 ans, s'inquiète des actions de la police de l'immigration (ICE) et "des agissements irresponsables et véritablement inhumains" qu'il a notés dans la mise en place de la politique anti-immigration de Donald Trump.
Plusieurs interventions d'agents fédéraux de l'immigration ont suscité l'indignation depuis le retour de Donald Trump au pouvoir, notamment la mort par balles de deux citoyens américains à Minneapolis en début d'année.

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